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 Nuit d'équinoxe, étrange paradoxe !

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3 participants
AuteurMessage
Gaëlle
Maître des Sortilèges Gaëlle


Nombre de messages : 167
Date d'inscription : 17/03/2005

Nuit d'équinoxe, étrange paradoxe ! Empty
MessageSujet: Nuit d'équinoxe, étrange paradoxe !   Nuit d'équinoxe, étrange paradoxe ! EmptyJeu 31 Mar - 19:02

Kikou,

Peut on faire de la poésir en prose ?
Je ne sais pas, mais je vous livre ces quelques lignes, juste pour ça !

Etrange paradoxe d’équinoxe

Parfois, le vent se lève, et les drisses claquent soudain, tendant la grand voile dans un bruit de cordes qui s’étirent. Crissement sinistre, majesté de mouvement. Par delà les grands océans des mondes, le fier navire couché sur sa gîte file sur les embruns sauvages, chevauchant les flots déchaînés.
Le ciel se confond avec la mer, brumes grises qui happent les folies tourmentées des grandes vagues qui déferlent sur un infini d’écume.
Aujourd’hui, le soleil a rendez vous avec la lune. Etrange paradoxe de ce drôle d’équinoxe.
Par delà les cairns anciens des vieilles mancies frivoles, les fougères se taisent, toutes engluées de froid, et les roses clochettes des bruyères en fleur, teintent doucement comme un ancien appel.
Les nuages glissent sur Avalon la celte, et dans l’île les grandes prophétesses préparent leurs harangues alors que quelques korrigans jouent à se faire peur, sur les feuilles délicates de quelques nénuphars.

Libellules, escortes des fées, vrombissent doucement au dessus des étangs dans lesquels se reflète, mystérieuse et fragile, la douce rondeur de l’astre nocturne.

Autour d’un feu immense, les êtres de nos fantaisies se retrouvent et festoient, attendant sagement le secret dévoilé, augures incertains de ces nuits de pleine lune.
Les licornes affairées, batifolent effrontées dans les landes endormies, loin des contrées précaires de nos vieilles légendes.

Les oiseaux se sont tus, ils épient curieux et querelleurs, ces êtres étranges, qui dansent en farandoles, au son des fifres, des tambours et des violes. Lutins des chênaies, déchaînés, s’entrecroisent en riant dans leurs galoches maladroites. Révérences et baise mains, ils s’amusent en imitant les grands de ce monde, et se moquent gentiment.

Sur les murs de pierres sèches, qui courent dans les prairies et les bocages, farfadets et malicieux participent aussi à la fête.

Il est des soirs où les conteurs sont rois, vantant au son d’un cistre, les aventures légendaires de ces terres celtiques, de ces forêts profondes dont jamais personne n’est revenu parler.

Les pichets se vident, le brouhaha est total, chacun écoute les sombres ritournelles.

Vertigineuses falaises, qui tombent à pic, et se noient dans les remous bruissants de la mer démontée, le vieux castel souffre lui aussi dans ce reste de jour, qui se noie dans l’oubli. Ses vieilles charpentes craquent, soulevées parfois par les assauts répétés, de ce diable de vent, qui vient jouer sabbat, sur la vieille ruine, qu’il n’a de cesse de tourmenter.

A force de battre les vagues, le bateau rompu à l’exercice, se couche d’avantage, et l’eau se déverse sur les ponts, enchaînant encore un peu le vieux pavillon noir à l’issue fatale vers laquelle le mène sa folie.

Tu écartes tes bras. Je t’aime tant, tu es si beau, si sombre, dans ces auras de mystères que tu dresses si habilement. Au dessous, la contrescarpe, et derrière nous la folie des vagues enchaînées qui se brisent déchaînées sur les rocs aigus de la sombre falaise.
Mais le cœur a ses raisons que la raison ignore. Je me colle contre son torse puissant, tout contre.
Je lui caresse le dos, alors qu’il défait le voile de ma nudité. Nos lèvres se rencontrent, se plaisent se lient.
Doucement il me couche sur les gerbes fragiles, de quelques joncs graciles, et nous nous aimons.
Je lui donne mon plus précieux trésor, alanguie, ébahie, et je sais qu’à l’aube je ne serais plus rien pour lui. Toutes me l’ont déjà dit.

Brutale douceur d’une extase abyssale, nous faisons corps, ensemble, unis pour la nuit.

Je crois qu’au royaume des étoiles, je n’avais jusque là jamais été admise.
Larmes salées, joie transcendée, en cette nuit de trouble et de joie, je lui ai offert mon âme, et il me l’a volée.

Nos corps qui roulent dans les voiles de lin d’un blanc gâché, taché !
Quelques gouttes de sang, par delà les hymens foudroyés aux portes de l’autre monde.
Adieu enfance, bonjour tristesse.
Déjà la femme perce sous les traits doux et juvéniles de la petite fille.
Quelle fée attendrie s’est posée sur mon berceau ?
Ai je été oubliée ?
A quelques lieues de là pourtant, elles dansent autour de leur reine.
J’ai mal, est ce cela le bonheur ?
Est ce ceci l’amour dont on parle toujours sans jamais rien en dire ?
Chacun vit il son propre amour ?
Toutes ces questions qui sabordent mon bonheur, alors que ses lèvres tièdes raniment mon désir.
La pluie redouble pourtant. Au delà des océans d’errances, au delà des croyances, ethnies multiples, fantaisies et légendes se jouent des malices, les rêves se posent et se gouttent, les folies parcourent les mondes et se rejoignent parfois, les nuits d’équinoxe, étrange paradoxe.

L’amour est un ciment commun à chacune d’elle. Loin par delà les mille vastes mondes, il y a des histoires d’amour, tantôt tristes, tantôt belles, elles se vivent toutes à l’unisson de nos jours.
Des vierges de mars, aux vestales assagies, diamant de roses, calices merveilleux, combien d’entre nous n’ont elles déjà subies les larmes amères de passions cruelles ?

Quelques hululements, les dames de la nuit s’affairent, par delà les feux grégeois de nos passions éphémères, et le ressac qui nous apporte ses bruines. Le vent redouble, là bas le bateau s’est couché. La voile dégingandée recouvre, douloureuse, les affres endormies des linceuls marins.
Combien sont ils cachés sous les flots émeraudes de ces gouffres limpides, à hanter à jamais les palais des sirènes ?
Combien de croix rajouterons nous ce soir au cimetière des disparus ?
L’effroi me saisit, et la houle claque dans les impasses de ma petite vie. J’entends les rires des invités à la fête. Diables et esprits, tous ceux qui hantent nos croyances, nos âmes d’enfants, pour combien de temps ?

Il se retire doucement de mon fourreau de chairs, je ne vois que son ombre dans mes yeux embués de larmes et de peurs. Il dépose un baiser sur le coin de mes lèvres, se relève et s’en va sans ajouter un mot.
J’ai mal, mon cœur saigne lui aussi, pacte étrange aux relents de connivences. La lune émerge enfin de ces brumes qui la nimbent dans des ouates de soies mauves.
La grande prêtresse ouvre ses bras et s’adresse à la foule bigarrée. Devant elle, une coupole aux mille fumeroles, distille les avenirs aux mancies ancestrales. Les grands loups se taisent un instant, et la clairière ne résonne plus que de son discours.
Elle dit que le monde perd ses vieux rêves, que les légendes se font de plus en plus rares, que les hommes ne croient plus aux fées, que les troubadours cathodiques s’éloignent des rivages d’une errance emplie de superstitions.
Les fougères ne sont plus les refuges des korrigans, la bruyère n’accueille plus les amours volages des satyres experts, les humains vivent avec de nouvelles œillères, qui les empêchent de croire à ce monde de fables, qui s’érode comme glace au soleil, entraînant dans sa chute la vie de tous ces peuples nés de nos imaginaires.
Il n’y a plus de rires dans les chaumières, et les enfants préfèrent jouer avec leurs consoles plutôt que d’ouvrir les vieux grimoires, et courir après les maisons de sucre d’orges.

Le mât finit de couler, la mer se déchaîne d’avantage, drossant sur le récif les mille morceaux de la fière caravelle. Les nuages noirs recouvrent la scène, et je pleure à celui qui m’a tout pris, et que ne verrai plus.

Combien sont ils à avoir perçu le cri que j’ai poussé, lorsque j’ai voulu rattraper la lune en sautant par delà les récifs noirs de la contrescarpe offrant ma nudité aux arrêtes aiguisées des rochers de la côte ?

Et lui, l’a t il seulement entendu ?

Pourtant ce sont les sirènes qui m’ont accueillie dans l’eau glacée de cette nuit d’équinoxe, pour me conduire en leur palais d’or et d’argent, où elles m’offrir un statut de reine.

Etrange paradoxe !


mille bises

Gaëlle
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Tsukki
Lune silencieuse
Tsukki


Nombre de messages : 1478
Date d'inscription : 15/10/2004

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MessageSujet: Re: Nuit d'équinoxe, étrange paradoxe !   Nuit d'équinoxe, étrange paradoxe ! EmptySam 2 Avr - 15:14

Je te le confirme ce que tu écris est comme la poésie yep
C'est absolument fabuleux. L'atmosphère est tantôt légère, tantôt pesante, mais toujours captivante!! Ce dont tu parles est vraiment délicieux!! Bravo et continue de nous faire découvrir et partager tes inspirations!!!!!!
moon
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Gaëlle
Maître des Sortilèges Gaëlle


Nombre de messages : 167
Date d'inscription : 17/03/2005

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MessageSujet: Re: Nuit d'équinoxe, étrange paradoxe !   Nuit d'équinoxe, étrange paradoxe ! EmptyDim 3 Avr - 5:31

Mille mercis ma puce

Mille bises

Gaëlle
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Philvinte
Maître des Sortilèges Philvinte


Nombre de messages : 219
Age : 55
Date d'inscription : 12/12/2004

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MessageSujet: Re: Nuit d'équinoxe, étrange paradoxe !   Nuit d'équinoxe, étrange paradoxe ! EmptyDim 8 Mai - 16:47

Je suis en train de lire tous les textes que tu nous offres sur ce forum !!!!!!!!! J'ai déjà dû te dire que je te trouvais du talent . Donc je m'abstiendrai de rabâcher lol La prose poétique est ,tu en donnes une nouvelle preuve, une forme d'expression singulière et très séduisante.
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