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 [Livre] Le royaume de Tobin

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Tanita
Maître des Sortilèges avatar

Nombre de messages : 188
Age : 20 ans
Date d'inscription : 05/04/2005

MessageSujet: [Livre] Le royaume de Tobin   Jeu 18 Aoû - 20:42

Le royaume de Tobin, tome 1 : Les jumeaux
Lynn Flewelling


448 pages

Dans le royaume de Skala régi par des reines-guerrières, le prince Érius s'empare du pouvoir et élimine toutes les prétendantes au trône, sauf une, enceinte de jumeaux. À leur naissance, deux mages et une sorcière sacrifient l'enfant mâle et transforment la petite fille en lui donnant l'apparence d'un garçon. C'est le seul moyen d'assurer l'avenir du royaume, désormais ravagé par les épidémies et les famines, menacé par de puissants ennemis.
Élevée comme un garçon, Tobin grandit en ignorant sa nature... et sa véritable destinée



Extrait

PREMIÈRE PARTIE

Fragment de document découvert
dans la tour est de la maison d'Orëska


Un vieillard, voilà ce qui me regarde, maintenant, dans mon miroir. Je ne suis, même ici, à Rhiminee, parmi les autres magiciens, qu'un dernier vestige de temps oubliés.
Mon nouvel apprenti, le petit Nysander, ne saurait se faire la moindre idée de ce à quoi pouvait ressembler un magicien indépendant de la Deuxième Orëska. À sa naissance, il y avait déjà deux siècles que cette belle cité se dressait au-dessus de son havre profond. Alors qu'elle sera toujours et à jamais pour moi "la nouvelle capitale".
Au temps de ma jeunesse, un étron de putain de l'espèce de Nysander serait resté en friche. Avec un peu de chance, il aurait fini ses jours dans la peau d'un devin ou conjure-pluie de village. Le plus probable est qu'il aurait tué quelqu'un par mégarde et péri lapidé pour sorcellerie. L'llluminateur seul sait combien se perdirent ainsi d'enfants dieu-touchés, avant l'avènement de la Troisième Orëska.
Avant que ne fût édifiée cette cité-ci, avant que son fondateur ne nous fit don de cette grande maison d'apprentissage, nous autres, magiciens de la Deuxième Orëska, nous frayions nous-mêmes nos propres voies, et nous vivions selon nos propres lois.
Eh bien, ce sont les services rendus à la Couronne qui nous ont valu d'avoir à présent cette maison, avec ses bibliothèques, ses archives et son histoire. Il n'y a plus que moi de survivant pour savoir le prix exorbitant qu'elle a coûté.
Deux siècles. Trois ou quatre vies, pour la plupart des gens ; une simple saison, pour ceux d'entre nous que l'Illuminateur a gratifiés du don. "Nous autres, magiciens, sommes à part, Arkoniel", m'apprit mon propre professeur, Iya, quand je n'étais guère plus vieux que ne l'est Nysander. "Nous sommes des pierres dressées en pleine rivière, à contempler le flot de la vie qui s'écoule en tourbillonnant."

Cette nuit, debout sur le seuil de Nysander que je regardais dormir, je me suis figuré que le spectre d'Iya se tenait à mes côtés, et cela m'a, pendant un moment, fait l'effet de me scruter moi-même plus jeune ; un fils de noble, franc, timide, et qui s'était révélé posséder du talent pour charmer les bêtes. Durant un séjour qu'elle fit au manoir de mon père, Iya s'avisa de mes dons magiques et les dévoila à ma famille. Je pleurai, le jour où elle m'emmena de la maison.
Comme il serait aisé de qualifier ces pleurs de prophétiques - ainsi que se délecteraient de le faire les dramaturges d'aujourd'hui ! Mais je n'ai jamais tout à fait cru dans la fatalité, malgré tous les oracles et toutes les prophéties qui façonnèrent mon existence. Toujours se trouve là-dedans, quelque part, un choix. J'ai par trop vu de quelle manière les gens fabriquaient leur propre avenir par la balance quotidienne entre petites bontés et méchancetés.
J'avais choisi de partir avec Iya.
Plus tard, j'ai choisi d'ajouter foi aux visions que l'Oracle nous accorda, à elle et à moi.
Par mon propre choix, je contribuai à ranimer la puissance de cet énergique et bon pays-ci, de sorte que je puis légitimement me flatter d'avoir aidé les belles tours blanches de Rhiminee à se découper comme elles le font contre l'azur de l'occident.
Mais pendant les rares nuits où je dors profondément, de quoi rêvé-je ?
Du cri d'un nouveau-né. Coupé court.
On pourrait croire, après tant d'années, qu'accepter serait plus facile ; cet unique acte indispensable de cruauté pouvait modifier le cours de l'histoire comme un tremblement de terre modifie le cours d'une rivière. Seulement, cet acte et ce cri gisent au cœur de tout le bien qui survint après, tel un grain de sable au cœur des chatoiements nacrés d'une perle.
Je suis seul à porter la mémoire de ce bref vagissement d'enfant, voilà tant d'années.
Je suis seul à savoir l'immondice au cœur de cette perle-ci.

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Le royaume de Tobin, tome 2 : Les années d'apprentissage
Lynn Flewelling


448 pages

Habillée en garçon et protégée par un sortilège, Tobin apprend à se battre comme un guerrier. Cependant l'adolescence approche et, un jour, la puberté éclate dans son corps de jeune fille. Comment va-telle affronter la réalité qui se découvre à elle ? Et comment va-telle continuer à la cacher au duc cruel qui, méfiant, la tient sous surveillance ?
Pourtant son destin de grande souveraine est inscrit dans la Prophétie...



Extrait

1

Les semaines consécutives à l'arrivée de Ki furent des semaines heureuses. Sans rien savoir des propos qu'Iya avait bien pu tenir lors de sa visite à Atyion, Arkoniel eut la bonne surprise de voir Rhius survenir au fort peu de temps après et celle, meilleure encore, de le retrouver presque tel qu'il l'avait connu de par le passé. Non content de promettre qu'il prolongerait son séjour jusqu'en Erasin, pour la fête anniversaire de Tobin, le duc vanta les améliorations apportées à la demeure et, chaque soir, il conviait le jeune magicien à s'associer aux parties qu'il disputait avec son vieil ami Tharin. Car du différend qui l'avait opposé à ce dernier ne subsistait plus non plus la moindre trace, et tous deux se montraient plus que jamais proches l'un de l'autre.
Rhius apprécia également Ki, dont le service à table valut autant d'éloges à Tharin, comme entraîneur, que la bonne tenue de Tobin au maniement de l'arc et de l'épée. Et lorsque ce dernier, le jour de son dixième anniversaire, s'agenouilla dans la grande salle pour demander que son compagnon soit fait son écuyer, le duc exauça d'emblée la requête et permit aux deux gamins de jurer leur foi à Sakor le soir même devant l'autel domestique ; en symbole de ces nouveaux liens, Tobin offrit à Ki comme pendentif à porter au cou le plus délicat de ses chevaux-amulettes sculptés.
Toutes ces marques de bienveillance n'empêchaient cependant pas Rhius de maintenir quelque distance à l'endroit de Ki, ce qui n'allait pas sans mettre un peu mal à l'aise les deux garçons.
Le jour de la fête de Tobin, il avait ainsi fait présent à Ki d'un costume neuf et d'un beau rouan nommé Dragon. Mais il coupa court aux tentatives de remerciements du gosse en déclarant tout sec : "Mon fils doit être accompagné comme il sied."
Or, si Ki, totalement envoûté déjà par Tharin, ne demandait manifestement qu'à se laisser envoûter de même par le père de Tobin, la froideur du duc ne servit qu'à l'intimider davantage et à le paralyser.
Tobin s'en aperçut lui-même et en fut blessé pour son ami.
Seuls à comprendre ce qui motivait le comportement de Rhius, Arkoniel et Nari n'étaient ni l'un ni l'autre en mesure de leur offrir le réconfort de la vérité. Il leur était impossible d'évoquer, même entre eux, le fil d'araignée auquel était attachée l'épée suspendue sur la tête du jeune Ki.

Quelques semaines s'étaient écoulées quand, par un bel après-midi froid, Arkoniel se trouva regarder en compagnie du duc, du haut du parapet, les enfants qui s'amusaient dans la prairie en contrebas.
Tobin s'échinait à retrouver Ki, planqué pour lors dans un creux cerné d'herbes folles et de vagues taillis enneigés. Tout en réussissant l'exploit d'empêcher son haleine fumante de s'élever, Ki finit tout de même par se trahir en heurtant du pied une souche morte de dompte-venin. Encore chargée de ses gousses sèches, la plante éparpilla sous le choc une nuée soyeuse de graines blanches aussi éclatante que des enseignes de bataille.
Rhius se mit à glousser. "Hm, le voilà fait maintenant !"
À cette vue, Tobin fusa effectivement sur son copain, et l'empoignade qui s'ensuivit souleva de nouvelles nuées d'aigrettes floconneuses.
"Lumière divine..., ce Ki est une vraie bénédiction !
- Je le crois moi-même, convint Arkoniel. C'est ahurissant de voir comme ils se sont plu l'un l'autre."
À première vue, il était impossible en effet d'être plus différent que les deux garçons. Autant Tobin se montrait taciturne et sérieux par nature, autant Ki paraissait incapable de tenir en place ou de garder le silence plus de trois minutes d'affilée : jacasser semblait aussi vital pour lui que respirer ; il parlait encore comme un rustre et pouvait déployer des crudités de charretier qui lui auraient déjà valu dix fois le fouet de Nari si Tobin ne s'était fait l'apôtre de l'indulgence ; mais quant au fond de ses propos, l'intelligence, quoique en friche, y brillait la plupart du temps, tandis que ses éventuels manquements à la bienséance verbale s'accompagnaient d'une invariable drôlerie.
Et Arkoniel ne s'y méprenait pas : pour n'avoir pas encore essayé de s'en faire l'émule, Tobin ne s'en glorifiait pas moins du caractère turbulent de Ki. Il rayonnait comme une pleine lune en présence de son jeune aîné, et il se délectait à l'écouter conter les histoires de son innombrable tribu bigarrée. Il n'était pas le seul, d'ailleurs, à s'en montrer friand. Lorsque la maisonnée se regroupait autour du feu, le soir, Ki lui servait plus qu'à son tour d'amuseur en titre, et ses auditeurs ne tardaient guère à se tenir les côtes grâce aux travers et aux mésaventures de ses divers frères et sœurs.
Il possédait aussi un répertoire aussi copieux qu'extravagant de fables et de légendes ingurgitées au foyer de son père ; il y était question de bêtes qui parlaient, de spectres et de royaumes fantastiques où les hommes avaient deux têtes et où les oiseaux perdaient en muant des plumes d'or acérées à point pour que les cupidités s'y tranchent infailliblement les doigts.
Tâchant de s'appuyer sur les conseils d'Iya, Arkoniel fit venir des éditions richement enluminées des contes les plus courants, dans l'espoir qu'elles rendraient plus attrayant pour les deux petits l'apprentissage de la lecture. Tobin n'en finissait pourtant pas de se débattre avec son alphabet, et les secours de Ki se révélaient d'autant plus piètres dans ce domaine qu'il y renâclait lui-même avec l'orgueilleuse imbécillité du gentillâtre provincial qui, n'ayant jamais vu son nom noir sur blanc, se souciait de l'écrire comme d'une guigne. Au lieu de les réprimander, le magicien laissa simplement traîner deux ou trois volumes ouverts sur des illustrations tout spécialement palpitantes, escomptant bien que la curiosité ferait la besogne à sa place. Et c'est seulement l'autre jour qu'il avait fini par surprendre un Ki tout pensif devant le Bestiaire de Gramain. Entretemps, Tobin s'était d'ailleurs paisiblement mis au travail sur une biographie de sa célèbre ancêtre, Ghërilain Première, qu'il avait reçue en présent du duc.
Ki se révéla toutefois un meilleur allié lorsqu'il fut question de magie. Il éprouvait envers celle-ci toute la fascination d'un enfant normal, et son enthousiasme aplanit les voies d'Arkoniel pour entreprendre de soigner les affolements singuliers dont elle affligeait Tobin. Le magicien se contenta de débuter par de petites séances d'illusionnisme et quelques manipulations simplettes. Mais tandis qu'avec sa fougue habituelle Ki se jetait à corps perdu dans ce genre de passe-temps, Tobin persista à réagir de manière aussi peu prévisible. S'il eut l'air charmé par les pierres lumineuses et les copeaux de feu, il se mettait sur la défensive aussitôt qu'Arkoniel suggérait l'idée d'un nouveau voyage visionnaire.


T3: L'eveil du sang
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