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 La mort pour seule compagnie.

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¤Asuka Saruwatari¤
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MessageSujet: La mort pour seule compagnie.   Mar 28 Fév - 23:27

La vie est éphémère. Qu’est-ce que l’éphémère ?
C’est le fait de ne pas être éternel. Les Hommes, je pense, ont tous peur de la mort. Ce n’est pas une honte. L’inconnu a toujours fait peur, mais cet inconnu-là le restera indéfiniment pour les vivants jusqu'au jour où ils l’auront connu, mais alors, ils n’y reviendront plus.
Voici une courte histoire…

¤ coeur aile



_ Dis maman ? Qu’est-ce que la mort ?

J’avais ce don-là, à l’époque. Je demandais toujours les questions les plus difficiles, des plus métaphysiques aux plus gênantes, mais bien sûr, je n’y voyais rien. Rien d’autre qu’une simple question. Pourquoi l’avais-je demandé ? Pourquoi cette pensée sinistre m’est parvenue à l’esprit alors que j’entendais pour la énième fois un des célèbres contes Grimm ? Je ne pourrais jamais me l’expliquer.
Encore aujourd’hui, quand j’y repense, j’ai l’impression d’avoir gardé cette manie-là de demander aux autres des choses inconvenantes, bien sûr, à une ampleur différente de celle d’autrefois. Et ces souvenirs d’enfance sont comiques en vue de mon métier actuel…

Ma mère m’avait alors regardée de ses yeux intenses et verts. Ils étaient grands et toujours écarquillés comme si à chaque instant on la surprenait. C’était plutôt comique, mais cela ne dégradait pas la beauté de cette femme qu’était ma mère. J’en étais plutôt fière, elle avait l’allure d’une grande dame, et si je puis le dire : c’était, en effet, une grande dame, du moins de mon point de vue. Aujourd’hui encore, je la perçois comme elle était, telle qu’elle…
Elle posa donc le livre soigneusement sur le lit, juste à côté d’elle, et parut hésiter ou réfléchir à ma question, cherchant sûrement le meilleur moyen d’y répondre en sachant que j’étais encore jeunette. Elle prit alors une longue inspiration. J’attendais. Impatiente, mais muette. Je ne la brusquerai pas, il fallait que j’attende, et j’attendrai le temps qu’il faudra tant que j’obtienne ma réponse. De toute façon, j’ai tout mon temps… Vas-y parle, doucement, clairement, mais réponds-y.

_ La mort, ma petite, c’est la fin et le début d’un tout gigantesque.

Elle s’arrêta, regardant avec espoir si elle avait répondu, mais non. Mes yeux devaient être suppliants car je me souviens encore qu’elle avait ri de moi ou plutôt d’elle-même. Elle riait d’avoir oublié ma curiosité qui n’avait pas d’égale.
Et puis, comme elle ne répondait toujours pas, je décidais enfin de répéter ma question en prenant soin d’articuler, d’être clair et précise :

_ Qu’est-ce que la mort ?
_ La mort c’est toute une chose que l’on ne peut réellement expliquer. C’est le moment où… où ton corps devient trop lourd pour toi, ou ton esprit est si rempli qu’il doit aller se reposer, où ton âme est si vivante qu’elle doit se détacher de toute partie physique… C’est quelque chose d’inexplicable et d’inéluctable à la fois…

Elle était alors partie dans une longue explication, et je voyais clairement que ses yeux avaient suivi ses paroles. Elle était en train de résonner, mais ce n’était plus à moi qu’elle parlait. Non, elle parlait à elle-même, mais en même temps, je savais, je sentais que je devais écouter.
Mon cœur ne se lassait pas de la voir discuter, je crois même que j’aurais pu rester des heures à l’entendre parler.
La mort c’est plus qu’un fait, c’est une réalité. Mais, ce que ma mère ne m’avait pas dit, c’est que la mort peut parfois paraître injuste et cruelle…
Elle m’a pris mon chien que j’avais depuis deux ans à peine mais auquel je m’étais terriblement attachée. Je l’appelais par différents noms, je refusais de lui en donner un fixe, car je ne voulais pas le priver de sa liberté. J’aimais le voir gambader à travers le jardin, à sauter près des fleurs tandis que ma mère le grondait gentiment. Et puis la mort était venue le chercher bien qu’il ne soit pas vieux.
J’étais bouleversée. Pensez-vous ! J’avais à peine huit ans. Nous lui avions dressé une tombe, et j’avais planté au-dessus, grâce à l’aide de ma mère, ses fleurs préférées (celles sur lesquelles il se couchait). Je me souviens avoir longuement pleuré sur sa tombe. Mais ce n’est qu’un souvenir, rien des sentiments éprouvés ne me revient. Je crois alors que j’avais pardonné à la mort d’être venue le chercher.
Dans mon esprit de pauvre enfant, j’avais matérialisé la mort. Elle était devenue quelqu’un parfois je la sentais venir flairer autour de moi. Mais, ce n’était pas pour me prendre, je ne devais pas avoir peur d’elle. Elle apparaissait surtout dans les hôpitaux ou encore près des vieilles personnes. Elle les guettait.
Je n’avais pas peur quand tu les suivais, parce que je savais que tu n’allais pas me prendre ; pourquoi aurai-je peur de la peur des autres ?
Et puis un soir, alors que j’étais endormie, je t’ai sentie me frôler, mais je savais qu’une fois encore ce n’était pas pour moi… Non, ce n’était pas pour la jeune fille fragile qu’elle était là, mais quelque chose me disait qu’elle m’avait longuement contemplé avant de repartir. Non pas qu’elle m’espionnait ou qu’elle m’observait en tant que proie, non… C’était plus malicieux que cela. Elle devait regarder en moi le malheur qu’elle allait déposer.
Je n’avais pas fait attention, mais dans la chambre où elle m’observait, il y avait une autre personne, cette autre personne à laquelle je tenais énormément… Cette autre personne qui m’accompagnait tous les jours, qui était toujours là pour me faire rire ou me soutenir, celle qui savait panser mes plaies comme aucun docteur ne l’aurait fait, celle qui savait me rendre heureuse par une parole ou par un geste délicat, celle qui avait tout fait pour moi, tout donné, même la vie… C’était ma mère que la mort était venue guetter.
Nous vivions seules, ma mère et moi, dans ce minuscule appartement, il n’y avait qu’une chambre et le salon ; nous dormions ensemble, mais pas sur le même lit… Je ne l’aurai pas supporté. Cela ne me gênait pas de cohabiter dans cette même chambre, sa présence, au contraire, me rassurait. Mais, je n’aurais jamais accepté de partager un lit avec elle, avec quiconque d’ailleurs… Non pas que cela me répugnait, mais c’était une envie de liberté due à mon âge…
C’est pour cela que je m’en suis toujours voulu, j’aurais dû le sentir, d’ailleurs je l’ai senti, mais j’aurais dû le savoir que si ce n’était pas pour moi, c’était ma mère que la mort était venue prendre ! Je l’ai retrouvée là, morte, blanche comme la vierge, souriante comme une enfant. Son visage était si pur, si doux que l’on aurait simplement pensé qu’elle était dans un beau rêve et qu’elle refusait de le quitter. C’était sûrement cela. Maman sur son nuage blanc faisait de beaux rêves en s’envolant…
Je ne me rappelle plus ce qui s’est passé ensuite, comment je me suis retrouvée devant sa tombe. Si j’en juge le peu de souvenirs qu’il me reste… Ca s’est passé d’un coup. J’étais sur le lit avec ma mère endormie, et je me retrouvai quelques heures plus tard devant sa tombe. Quelques personnes, très peu en fait, sont venues l’assister à son dernier voyage. Nous n’avions même pas pu contacter une personne religieuse. Elle a été enterrée dans le silence le plus total, et mon cœur avec elle.
Maman morte, j’étais seule au monde.
Maman partie, il ne me restait rien.
Je refusais de la quitter, mais l’on m’agrippa de force. Ce n’était sans doute pas la bonne manière de m’éloigner d’elle. On aurait dû me dire : « Ne t’inquiète pas, nous reviendrons la voir ». Non, on m’a agrippée, et on m’a emmenée dans cet orphelinat. Recueillie par cette dame froide au teint gris, aux traits tirés, aux sourcils froncés, aux rides enfoncées… Cette femme horrible qui me lança, me jeta, dans ma nouvelle chambre où il n’y avait personne. Cette chambre froide où j’ai pleuré nuits et jours sans m’arrêter… Nuits et jours en refusant de manger, buvant juste le minimum…
Maman envolée, et je devais me faire l’idée d’une vie sans elle.
Maman disparue, et je devais quitter l’orphelinat.
Mon chagrin n’eut de cesse que lorsque la mort revint me voir, un soir. Elle se tenait là, pâle devant moi. Cette grande dame noire, je ne voyais pas son visage juste sa bouche joliment fermée. Sa peau blanche, blanche comme le sens qu’elle signifiait, blanche comme la pureté d’une colombe. Elle s’élevait à quelques centimètres du sol, et elle me regardait. Elle ne m’étudiait pas, elle ne me provoquait pas. Vas-y parle donc, vas, dis-moi que j’ai mal. Mais, elle ne prononça pas un mot, indifférente à mes propos.
Seule dans cette chambre sombre, dont la seule compagnie était la mort, mes larmes se tarirent sur mes joues rougies. Et mon âme s’apaisait de sa seule présence calme et indifférente. Pourquoi étais-tu là ? N’avais-tu donc rien à faire de plus ? Pourquoi venir me hanter après ce que tu m’as fait ?
Cruelle que tu étais, tu venais me regarder pleurer n’est-ce pas ? Et bien non, je ne pleurerai plus. Désormais, mon chagrin ne s’exprimera plus par les larmes, je serais forte et je te tiendrai tête. Jamais plus tu ne verras la mine sombre qui m’habitait depuis lors. Je serais forte tu verras.
Et la mort m’a souri, juste avant de repartir…


**************************

J'espère que cette nouvelle vous a plu !! J'hésite à la faire concourir dans un concours d'étudiants... Mais, si vous pensez que j'ai une chance, pourquoi pas ?!

¤
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Tsukki
Lune silencieuse
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MessageSujet: Re: La mort pour seule compagnie.   Mer 1 Mar - 1:50

Hé bien moi je pense que tu devrais faire participer ton texte... et je te souhaite bonne chance pour la suite si tu le fais yep yep

moon

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verchiel
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MessageSujet: au commencement   Jeu 23 Mar - 9:09

c'est une histoire magnifique, ca me fait tro penser à mon histoire, mais moi, pour vaincre la mort, j'avai décidé de jeter le mouchoir, symbole de tristesse, de chagrin, dans la tombe avant qu'on ne la referme, et je me suis promis de ne plus pleurer, plus jamais..
Je me reconnais un peu à travers cette histoires, merci, et c vrai, il faut que tu la publie, ca touchera surment beaucoup d'autres.
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¤Asuka Saruwatari¤
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MessageSujet: Re: La mort pour seule compagnie.   Jeu 23 Mar - 17:22

Je n'ai pas pu y participé finalement... snif

Mais bon, j'aimerai bien réunir tous mes textes et les publier... Ah, la, la si je pouvais !

Bon, d'abord, joindre un éditeur pour mon recueil! (ça y est rempli ^^)

Merci beaucoup pour vos commentaires!!
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MessageSujet: Re: La mort pour seule compagnie.   

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